Ces dernières semaines, en Suisse comme ailleurs, la question des pénuries est fortement présente.
Pénuries énergétiques, pénuries de carburant, pénuries alimentaires, pénuries industrielles… de nombreux domaines essentiels sont concernés. Et la situation ne semble pas près de s’arranger, au contraire.
Pourtant, les autorités ne semblent pas vouloir prendre le problème au sérieux.
                              
Depuis des décennies, les milieux écologistes insistent sur la nécessité d’une décroissance économique. La raison en est simple : une croissance infinie dans un monde fini est impossible.
Alors pourquoi est-ce que cette idée ne fait pas l’unanimité ?

Premièrement, en Suisse comme ailleurs, une large part de la classe politique – et de la population – ne se rend tout simplement pas compte de la gravité et de l’urgence de la situation climatique et écologique.
Ensuite, décroître implique de remettre fondamentalement en question de nombreuses caractéristiques de notre système économique. Il faudrait remettre sur la table la répartition des richesses (et pas seulement celle des fruits de la croissance), repenser la notion de propriété, contraindre les capitalistes les plus riches de renoncer à leur pouvoir énorme, repenser nombre de logiques étatiques…                                                            

Et c’est là que le bât blesse.
Nombreux·ses sont celleux à ne pas vouloir changer de système politique et économique. L’idée qu’il n’y a pas d’alternative au système économique actuel est fortement ancrée. Et les positions visant à dire que notre mode de vie n’est pas négociable fleurissent.
Or, notre mode de vie ne peut pas perdurer. Qu’on le veuille ou non, l’économie va décroître.

Pour beaucoup, il semble plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme.
Alors que la communauté scientifique nous alerte sur l’état catastrophique du climat, de la biodiversité, de la qualité de l’air, des eaux et des sols… la tendance mondiale est de poursuivre une croissance sans fin.
Les solutions ne manquent pourtant pas. Notre propre Plan d’action climatique en esquisse de nombreuses, tout comme le dernier rapport du GIEC.
Le problème n’est pas le manque de solutions, mais le manque de volonté politique.

Décroissance assumée et contrôlée ou récession subie ? À nous de choisir !
Pour aller vers une décroissance socialement juste et maîtrisée, il faut nous organiser pour changer profondément notre système politique et économique.

Pour cela, de nombreux moyens peuvent et doivent être mis en œuvre :

- propagande permanente, sous forme d’affiches, de brochures, de journaux, de conférences, de débats, de tracts
- action institutionnelle, lobbying, motions, initiatives, manifestations pour convaincre les élu·es de changer d’orientation
- désobéissance civile, pour contraindre l’État à assumer ses responsabilités
- construction d’alternatives et action directe : jardins communautaires, coopératives, ZAD doivent fleurir partout !